Ce témoignage est poignant. Bruno Dellinger, français et rescapé de ce terrible attentat, avait crée sa société au 47ème étage du World Trade Center cinq ans auparavant. A travers ce récit, il nous fait partager l'horreur qu'il a vécu et les conséquences de ce terrible évènement sur les jours et les mois qui ont suivis.
La 1ère partie du livre décrit les minutes qui ont suivies l'impact du 1er avion : la remise en ordre de son bureau, la descente des escaliers, le courage des pompiers qu'il croise et qui malheureusement ont péri, l'effondrement des tours...
"J'ai envie de vomir. La souffrance à l'état pur m'habite. Je marche dans la rue comme dans un brouillard, une douloureuse torpeur me tenaille en permanence. (...) Je n'arrive pas à y croire. Je fais l'expérience d'une horreur que je ne souhaite pas à mon pire ennemi : celle de la mort vivante."
La 2ème partie est consacrée à l'après, aux jours qui ont suivis ces attentats. Il nous décrit la fatigue, les crises d'angoisse de de doûtes, la peur d'un autre attentat, l'antrax et ses 1ers morts, la reconstruction de sa société avec des relations professionnelles et des fournisseurs profiteurs de la situation...
"Dans les semaines et les mois qui suivent, les demandes d'aides abusives se multiplient, les escrocs de toutes sortes profitent du chaos pour surfer sur la générosité publique. (...) Je fais moi aussi la cruelle expérience de la réalité humaine avec certains de mes fournisseurs qui, comprenant que je paierai pourvu que je puisse redémarrer rapidement, me facturent double ou triple. Le pire, je crois, ce sont certaines de mes relations professionnelles qui, au lieu de m'aider m'enfoncent complètement."
C'est un témoignage très fort, très émouvant, bouleversant...
Néanmoins, malgré l'atrocité de la situation, j'ai rarement trouvé l'homme attachant. J'ai trouvé par moment qu'il manquait un peu d'humilité... C'est un personne très forte, courageuse, assez influente avec beaucoup de relations publiques. Un chef d'entreprise. Il a les moyens de se reconstruire. Je pense sincèrement qu'il a vecu l'enfer, et qu'il gardera des sequelles à vie, mais je n'ai pas toujours aimé la manière qu'il a eu de se décrire. J'ai peut être mal perçu ce qu'il a voulu nous transmettre, mais c'est l'impression qu'il m'a donné tout au long de la seconde partie du livre.
"Rêves, effort, qualité, exigence personnelle, cette manière particulière de voir mon travail vient d'une conviction que les affaires sont la consolation de ceux qui n'ont pas la chance d'avoir la fibre mystique, sportive ou artistique. Du moins, c'est dans cet état d'esprit que j'ai commencé ma carrière. Je me suis aperçu plus tard qu'il faut beaucoup de talent et de courage pour faire des affaires."